Chapitre 3

La France face à une crise de régime

Introduction

La France vit un moment d’une gravité exceptionnelle.

Le pays subit le choc d’une inflation sans précédent depuis 30 ans. Il affronte la menace de la récession alors même que le CAC 40 enregistre des records. L’été 2022 a vu se succéder des événements climatiques extrêmes : épisodes de canicule records, sécheresse des sols, régions dévastées par des incendies et des orages meurtriers…

Des millions de nos concitoyen·nes affrontent la dégradation du pouvoir d’achat, le développement de la pauvreté, les conséquences de décennies d’austérité. Le chômage touche près de 6 millions de Français·es et la précarité se renforce, comme en témoigne l’augmentation du recours à l’aide alimentaire.

Les inégalités femmes-hommes, les violences faites aux femmes et la réalité de l’oppression patriarcale sont dorénavant au cœur des débats publics. Les associations, qui assurent trop souvent des missions qui devraient être celles de services publics, eux-mêmes affaiblis par les politiques gouvernementales, alertent sur le désengagement de l’État.

Une partie de la jeunesse est abandonnée, appauvrie, victime de la sélection sociale, privée d’emploi, précarisée.
Dans le même temps, la montée des incivilités et des violences, les atteintes à l’intégrité des personnes comme des agents publics, le développement des discriminations et du racisme minent notre société.

La pandémie de Covid-19 a révélé les contradictions du système capitaliste dans notre pays.

La France, septième puissance économique du monde, s'est trouvée démunie par manque criant d’effectifs, de masques, de tests, de lits d’hôpitaux, de respirateurs. Les personnels de santé revendiquaient pourtant des moyens. Et les salarié·es concerné·es refusaient les fermetures des entreprises produisant l’oxygène, les médicaments, les masques, les tests. Dans ce contexte, Emmanuel Macron n’a obtenu qu’une victoire par défaut à la présidentielle, suivie du désaveu de son parti aux élections législatives. Cette double séquence électorale aura ainsi révélé les deux crises qui s’enchevêtrent, rendant la situation française totalement instable : celle du capitalisme financiarisé et mondialisé et celle des institutions politiques du capitalisme français.

Au cœur de cette crise, l’extrême droite tend à briser son « plafond de verre », quand la gauche en rencontre désormais un dans sa capacité à mobiliser une large partie des catégories populaires. Combiné aux difficultés que rencontre le mouvement social, c’est une grave menace pour la République. La gauche se retrouve devant des choix décisifs.

1. La nouvelle étape d’une crise systémique

La France vit une nouvelle étape de la crise systémique du capitalisme monopoliste d’Etat (CME). Celle-ci peut apparaître comme une crise de la répartition : pas assez de salaires, pas assez de revenus, de dépenses pour les services publics, pour la formation et, bien sûr, pour l’emploi. Mais la cause profonde en est une gigantesque suraccumulation de capital. La masse croissante du capital matériel et financier sur-accumulé réclame un taux de profit toujours plus élevé. D’où l’acharnement à prélever une part accrue des richesses produites par le travail humain et à brider les dépenses humaines, ce qui renforce les difficultés.

Le regain de l’inflation est l’expression de ces difficultés. La remontée des taux d’intérêt, décidée par la BCE dans le sillage de la banque centrale des États-Unis, est une décision politique. Or, elle a des conséquences très dures pour les peuples en France et dans le monde : accélération de l’arrivée de la récession, chômage, baisse du pouvoir d’achat, régression des services publics, tensions entre pays.

Certains prétendent offrir dans un « État fort » refuge et solution à cette crise. Mais un État fort pour qui ? Comment ? En réalité, cette crise ouverte depuis le début des années 1970 et qui persiste à travers les reprises suivies de rechutes est aussi une crise de l’intervention économique de l’État. Elle est même devenue crise des réponses étatiques que les dominants ont prétendu apporter à la crise du CME.

Il n’y a pas eu recul quantitatif de l’intervention économique de l’État, mais crise de celle-ci et transformation de sa nature, tout particulièrement dans notre pays. Cette intervention est, à présent, de plus en plus orientée directement pour appuyer le capital, les profits et la baisse du coût du travail avec, en complément, un certain soutien à la demande et aux plus pauvres. Elle prend différentes formes : subventions, exonérations de cotisations sociales ou d’impôts, prises de participations en capital, utilisation intensive de la création monétaire au bénéfice des marchés financiers, mises en concurrence tous azimuts. Elle s’est repositionnée pour des compromis avec les multinationales qui, elles, dépassent les frontières nationales. Surgissent à présent de nouveaux enjeux de souveraineté et de morcellement des chaînes d’activité.

Imposer une autre intervention de l’État, et des pouvoirs démocratiques nouveaux, pour une autre utilisation de l’argent des entreprises et des banques, est un enjeu de classe qui mûrit dans la crise. Il devient vital pour toute la société, minée de pénuries d’emploi, de qualification et d’offre inefficace, minée par les spéculations de toutes sortes, par les délocalisations et par le coût du capital. Pour leur part, les banques centrales doivent pénaliser, par des taux d’intérêt dissuasifs, les crédits finançant les opérations financières et les délocalisations, elles doivent réduire fortement leurs taux pour les crédits répondant à des exigences d’emploi, de formation, d’industrialisation écologique et sociale.

2. Une nation affaiblie et fracturée par le néolibéralisme

La crise française est d’abord la résultante de l’offensive de la classe dirigeante et des gouvernements à son service.

Dans un pays où l’austérité imposée par les traités européens s’est traduite par une pression constante à la baisse des dépenses publiques et des salaires, mais où les dividendes n’ont cessé de ruisseler sur les grands actionnaires, tandis que la fiscalité s’adaptait aux exigences des grandes fortunes et de la finance, les inégalités se sont creusées d’année en année. Sous l’impact du remodelage de l’ordre productif pour l’adapter aux besoins du nouvel âge du capitalisme, le salariat s’est retrouvé en état d’extrême fractionnement, percuté par l’éclatement de ses statuts, traversé par la coupure entre secteurs privé et public, divisé par des conditions d’existence souvent très différentes.

À ces nouvelles réalités, le système capitaliste n’a d’autres réponses que l’isolement et l’appauvrissement des individus. Là où de nouvelles solidarités seraient indispensables, il n’offre aucune perspective à des phénomènes aussi cruciaux que le déchirement du lien social, le vieillissement de la population, ou encore l’accroissement du nombre de familles mono-parentales en butte à de grandes difficultés.

La restructuration territoriale que la contre-révolution néolibérale a imposée au pays, afin de répondre aux besoins renouvelés du capital, et que la nouvelle architecture institutionnelle a consacrée avec les lois Maptam et Notre, a conduit à l’accélération du phénomène de métropolisation. Celui-ci capte capitaux, financements et pouvoirs. Il s’accompagne de l’appauvrissement d’une partie des populations qui y vivent et provoque le déclassement du rural, du péri-rural, des petites et moyennes villes.

C’est dans ces territoires que se font particulièrement sentir les effets du démantèlement des services publics, comme de l’adaptation de l’État aux besoins du capital, au détriment de ses missions d’intérêt général. Le manque d’investissements et de personnels rejaillit sur l’hôpital ou l’Éducation nationale. Il entraîne les démissions de plus en plus fréquentes d’agent·es des services publics autant que les difficultés de recrutement. Cette défaillance se combine avec la désindustrialisation du pays et s’ajoute aux difficultés de se loger ou de se déplacer et aux hausses de prix. Cela alimente une colère sourde, mais entraîne également du découragement et de la défiance envers l’action publique. Les campagnes incitant au repli individualiste et exaltant la compétition entre les être humains ont pu, pour cette raison, marquer d’indéniables points.

Les quartiers populaires urbains, pour ce qui les concerne, concentrent à la fois des populations confrontées à la grande pauvreté qui se battent pour leur dignité et une jeunesse qui représente un formidable potentiel pour la nation mais se heurte aux murs d’un système injuste et d’une République ne respectant pas ses promesses d’égalité.

Cette véritable crise de l’aménagement du territoire, se conjugue à la crise sociale que vit la France et débouche sur une crise majeure de la démocratie. Le mouvement des « Gilets jaunes » aura mis en accusation ces diverses dimensions. La République s’en voit affaiblie par la désagrégation continue du sentiment d’appartenance à une communauté citoyenne réunie autour de sa devise « Liberté – Égalité – Fraternité ».

3. L’ébranlement des institutions du capitalisme français

Le niveau d’abstention aux scrutins de 2022 a confirmé la désagrégation générale de tous les mécanismes de représentation. Plus d’un quart des inscrit·es n’a pas participé à l’élection présidentielle et, aux élections législatives, l’abstention s’est révélée majoritaire dans toutes les tranches d’âge jusqu’aux 50-59 ans.

De surcroît, en s’enracinant de consultation en consultation, et en se prolongeant d’attitudes similaires dans la plupart des rendez-vous de la vie sociale, à commencer par les élections professionnelles, ce comportement traduit une défiance massive envers les pouvoirs établis, les élu·es et les partis, le Parlement, toutes les institutions de la démocratie politique et sociale.

L’absence de majorité parlementaire pour le président de la République est une situation inédite depuis l’instauration du quinquennat.

Jamais depuis 1958 un président n’avait été autant éloigné de la majorité absolue au Palais-Bourbon et de la majorité des suffrages exprimés. Reconduit à la seule faveur d’un vote motivé par la volonté d’une majorité de Français·es de faire barrage au Rassemblement national, il ne dispose pas de la légitimité qui lui permettrait de conduire sa politique sans secousses majeures, cette dernière ne disposant d’aucun assentiment populaire. L’autorité présidentielle, clé de voûte des institutions de la Ve République est ainsi remise en cause : le pays est entré dans une crise de régime majeure.

Ici se mesure l’épuisement de la tentative d’Emmanuel Macron d’offrir, à partir de 2017, une nouvelle cohérence à la bourgeoisie française, en pliant la France aux normes de la globalisation capitaliste et en parvenant à détruire les conquêtes subsistant du programme du Conseil national de la Résistance. Il s’est efforcé d’asseoir son projet sur le mythe moderniste de la « start-up nation », justifiant l’accélération des réformes néolibérales, et en particulier la casse du droit du travail et des services publics, par le « ruissellement » que cette politique était censée apporter à la majorité de la population. Il a tenté d’élargir sa base sociale en proclamant une « grande ambition écologique » qui s’est vite révélée une justification des appels à consentir de nouveaux sacrifices. De même, il s’est employé à récupérer une série d’aspirations à l’égalité des droits montant de la société. Tout cela s’est effondré dès le début son premier quinquennat.

Après la loi visant le code du travail et les premières mobilisations qui y avaient répondu, le mouvement des « Gilets jaunes » a commencé de déstabiliser le pouvoir. Ce mouvement, dans les conditions de spontanéité où il était né, sans lien avec le mouvement ouvrier organisé, ne pouvait acquérir une claire perception des enjeux de classe de la bataille qu’il livrait. Il était en outre traversé d’influences politiques diverses, allant jusqu’à des courants d’extrême droite. Il n’en a pas moins contribué à remettre à l’ordre du jour la question du pouvoir d’achat, le besoin de dignité et de justice qui s’exprime dans notre société, donc l’aspiration à une vie meilleure.

La mobilisation face à la première tentative de contre-réforme des retraites a ensuite manifesté l’isolement social du macronisme et l’existence au sein de notre peuple, malgré la crise, de ressorts de lutte importants. Le mouvement syndical y avait exprimé une force qui comptera pour l’avenir.
Avec la pandémie qui a suivi et les confinements, se sont révélées les conséquences des préceptes néolibéraux sur les services publics, l’injustice profonde des politiques subies par un monde du travail en première ligne pour tenir le pays debout, l’affaiblissement de la souveraineté de la France en matière sanitaire, alimentaire, et industrielle. L’obligation dans laquelle se sont trouvés le président et son gouvernement de mettre en œuvre le « quoi qu’il en coûte » a fini de mettre à mal la cohérence de son projet initial.

Ses tentatives ultérieures de retrouver une autorité sur le théâtre international, par un positionnement « d’équilibre » face à la guerre en Ukraine, ou encore à travers ses tentatives de relancer un projet fédéraliste pour restabiliser une construction capitaliste de l’Europe en pleine tourmente auront, à leur tour, fait long feu.

Emmanuel Macron avait inauguré son premier mandat en cherchant à dynamiter la structuration traditionnelle de la vie politique, en se proclamant « et de droite et de gauche ». Voulant, dans les conditions où il se trouve placé depuis le printemps 2022, étendre son assise politique et trouver une majorité à l’Assemblée nationale, il a abandonné cette posture, se tournant résolument vers la droite en reprenant nombre des thèmes défendus par cette dernière. Le parti Les Républicains s’est, ce faisant, trouvé pris en tenailles entre les manœuvres du parti présidentiel et le Rassemblement national. Il tente d’y échapper en s’engageant dans une surenchère sécuritaire aux relents souvent xénophobes avec le Rassemblement national. Il en résulte une droitisation extrêmement dangereuse du débat politique et idéologique.

La pratique politique du pouvoir se fait ainsi de plus en plus autoritaire. Il use à outrance des dispositions arbitraires que la Constitution lui confère, d’article 49-3 en procédures d’urgence. Il s’appuie sur les pouvoirs dévolus à une technocratie fanatisée par la religion de l’argent et qui se soustrait au contrôle démocratique. Il amplifie son offensive contre les droits syndicaux et renforce les lois sécuritaires et liberticides afin de rendre plus difficile la mobilisation sociale. Il n’hésite plus à multiplier annonces et textes législatifs visant les migrant·es, au risque d’encourager des comportements racistes dans l’opinion et de conforter les thèmes identitaires dans la vie publique.

4. D’un « plafond de verre » à l’autre : la République en danger

Le Rassemblement national est le grand bénéficiaire du climat nauséabond qui s’installe. Avec l’élection de ses 89 député·es, il a commencé à briser le « plafond de verre » auquel il était confronté jusqu’alors.
Pour la première fois depuis son irruption sur la scène nationale, au milieu du premier septennat de François Mitterrand, le parti d’extrême droite a su capitaliser des années d’efforts pour s’implanter dans les territoires. Sa progression de 20 % en moyenne d’un tour à l’autre des législatives, ses victoires dans près de la moitié des duels ou triangulaires disputés par lui, l’élargissement de son implantation géographique en sont le résultat.

Le parti lepéniste a su travailler, et surtout détourner au profit de son projet d’une société d’apartheid ethnique, toutes les angoisses françaises, les souffrances engendrées par la précarité grandissante du travail, l’impression d’abandon de populations travailleuses vivant loin des métropoles, leur colère face à la désindustrialisation comme au retrait de la République et des services publics des territoires péri-urbains, le ressentiment diffus devant les pertes de souveraineté de la nation et du peuple sous les coups de boutoir de la globalisation marchande et financière.

Dans sa position de force actuelle, le RN se porte clairement candidat au pouvoir, escomptant que des secteurs importants du capital se tourneront vers lui pour trouver une issue autoritaire à la crise, selon un scénario qui s’est déjà réalisé dans d’autres pays d’Europe, comme l’Italie. C’est dans ce contexte que les idées racistes et xénophobes tendent à se répandre dans la société, avec un impact d’autant plus fort que le parti de Le Pen s’est vu concurrencé à l’élection présidentielle par celui de Zemmour. Ce dernier a ouvertement porté un programme directement inspiré de l’idéologie des Ligues de l’entre-deux guerres et du régime de Vichy. Autour de lui des forces militantes importantes se sont regroupées, ne dissimulant pas leur désir d’action violente.

À l’inverse de cette nouvelle percée de l’extrême droite, c’est désormais la gauche qui se heurte à un « plafond de verre ». Le doublement de sa représentation au sein de l’Assemblée nationale ne peut pas masquer que celle-ci reste une des plus faibles de la Ve République, très loin de la majorité espérée, et surtout sans dynamique car ne progressant pas en suffrages exprimés par rapport au scrutin de 2017.

Plus fondamentalement, si la coalition électorale réalisée autour de la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale réalise ses meilleures performances dans les centres-villes et leurs périphéries populaires immédiates, ce dont nous nous félicitons, elle ne parvient pas à mobiliser ou à remobiliser les plus lointaines périphéries urbaines ou encore les zones rurales, où se concentrent pourtant une part importante du monde du travail, des catégories populaires et moyennes.

5. D’importantes forces disponibles à la contre-offensive

Des mobilisations sociales, certes d’ampleur inégale, se sont pourtant multipliées dans la dernière période à l’initiative des salarié·es et de leurs organisations syndicales. Des luttes d’entreprises ou de secteurs ont vu le jour et ont souvent arraché des succès, en particulier sur les salaires. La jeunesse a manifesté massivement son aspiration à la justice climatique, mais aussi sa volonté de voir changer ses conditions d’existence et d’études. Autour du mouvement contre les violences sexuelles et sexistes, le féminisme s’est réaffirmé dans la situation française. Des mouvements citoyens ont vu le jour contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations ou les violences commises par des policiers.

Tous ces combats se sont heurtés à l’inexistence d’un débouché politique crédible, à même de politiser leurs enjeux et d’ouvrir la voie à une alternative de gauche. Les exigences qu’ils ont mis en avant à partir de leurs revendications concrètes pour les salaires, l’emploi, les services publics, les droits des privés d’emploi, la défense de l’environnement, ou les libertés fondamentales n’en représentent pas moins un atout essentiel pour rouvrir un chemin à une perspective transformatrice. Ils ont en effet affiché le besoin de solidarité face aux fragmentations du pays, la nécessité de combattre pied à pied les injustices au nom du principe d’égalité sociale et citoyenne, l’aspiration à reconquérir des conditions d’existence dignes pour chacune et chacun, le refus de voir les individus renvoyés à des identités qui les enferment et les mutilent, l’appétit de démocratie pour recouvrer les moyens de peser sur la définition de l’avenir.

Pour les communistes, construire une majorité politique de transformation sociale implique de se hisser à la hauteur des attentes exprimées, des enjeux partagés largement par le salariat et les catégories populaires, tels une meilleure rémunération du travail et la revalorisation de son sens, ou les revendications qui portent sur le coût décuplé de l’énergie.

Reconquérir ces acteurs et actrices des mobilisations, cette partie du monde du travail et des catégories populaires sans lesquels aucune victoire politique n’est envisageable : tel est le chemin à emprunter. Les événements de la dernière période ont totalement bouleversé les équilibres politiques de notre pays. Ils annoncent une instabilité inédite depuis longtemps.
La France et la gauche sont à l’heure des choix.

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Les propositions

  • Les plus récents
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Suggestion Page 18 lignes 7 à 9 Congrès section du Roumois favorable Congrès fédé Eure favorable

Proposition d’Amendement : REMPLACER : « C’est dans ces territoires » jusqu’à « missions d’intérêt général », PAR : « Tout comme les quartiers populaires des grandes agglomérations, les territoires ruraux et péri-urbains sont confrontés aux effets du démantèlement des services publics et de l’adaptation de l’État aux besoins du capital. »

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Suggestion Page 18 /lignes 14 à 25 Congrès section Roumois favorable Congrès fédé Eure favorable

Proposition d’Amendement : REMPLACER : « les campagnes incitant au repli individualistes » jusqu’à « sa devise « Liberté-Egalité – Fraternité », PAR : « Où qu’elles vivent et dans leur grande diversité, les classes populaires sont donc confrontées aux mêmes logiques, elles souffrent toutes des absurdités du système capitaliste. De Nuit Debout aux Gilets Jaunes, des mobilisations des quartiers populaires à celles contre la réforme des retraites, c’est une même exigence de liberté, d’égalité et de justice qui grandit de toutes parts. C’est bien pourquoi, pour faire face à cette exacerbation de la lutte des classes, la bourgeoisie tente en permanence d’attiser les divisions, de mettre en avant les fractures potentielles dans le peuple, plutôt que ses puissants intérêts communs. Cette union populaire est la condition d’une communauté citoyenne réunie autour sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité ».

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Suggestion Page 19 ligne 34 Congrès section du Roumois favorable Congrès fédé Eure favorable

Proposition d’Amendement : REMPLACER : le titre de la sous-partie 4 : D’un « plafond de verre » à l’autre, la République en danger… PAR : « La République menacée par l’extrême-droite »

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Suggestion P 19 ligne 41 Congrès section du Roumois : favorable Congrès fédé Eure : favorable

Proposition d’Amendement : APRÈS « pour s’implanter dans les territoires. » AJOUTER : « suite à sa troisième qualification au second tour des élections présidentielles depuis 2002 »

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Suggestion Page 19 ligne 50 Congrès sect. Roumois favorable Congrès fédé Eure favorable

Proposition d’Amendement : AJOUTER : « Enfermant le social dans l’identitaire, le RN promet au peuple français de maintenir son niveau de vie face à la crise, pour peu qu’il accepte la spoliation des droits des immigrés. C’est littéralement le sens de la “préférence nationale”, mesure structurante de son projet raciste. Cette proposition cynique s’appuie, comme le fait toujours l’extrême-droite, sur la négation de la lutte des classes par un nationalisme masquant l’acceptation des règles du capitalisme. »

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Suggest. P 19 ligne 60 à ligne 9 P 20 Congrès sect. Roumois favorable Congrès fédé Eure favorable

Proposition d’Amendement : SUPPRIMER et : REMPLACER par : « Le premier tour de la présidentielle 2022 est marqué par des recompositions de rapport de forces. En comparaison avec 2017 le RN réalise 8 133 826 voix et gagne 455 337 voix. Zemmour recueille 2 485 226 voix portant le total de l’extrême-droite à 10 619 054. De son côté le total gauche est de 10 759 273 voix progressant de 1 408 034 voix. Ces résultats soulignent à la fois le danger que représente l’extrême- droite et démontrent que la gauche n’a pas perdu d’avance la conquête d’une majorité parlementaire. Elle double sa représentation à l’Assemblée nationale alors que la logique de présidentialisation affaiblit à la législative les forces ne figurant pas au second tour de la présidentielle. S’il reste beaucoup à faire, pour autant ces résultats ne peuvent être négligés et ne sauraient conduire à une vision fataliste de notre capacité à faire évoluer les termes du rassemblement et le rapport de forces. Par ailleurs si la Nupes réalise ses meilleurs scores dans les grandes villes et leurs périphéries populaires, elle ne parvient pas aux mêmes résultats dans des zones plus éloignées ou encore rurales pourtant confrontées aux mêmes logiques, aux mêmes souffrances engendrées par le capitalisme. Toutefois force est de constater que cette situation n’est pas figée. La bataille contre la retraite à 64 ans est marquée par de puissantes mobilisations sur l’ensemble du territoire y compris dans ces zones plus éloignées des centres urbains. Ceci exprime une avancée de la conscience d’intérêts communs du monde du travail, des catégories populaires et moyennes. »

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Denis Dumontier

Page 18 ligne 27 - 30

Le niveau d’abstention aux scrutins de 2022 a simplement mis en évidence le désintérêt des électeurs vis-à-vis d’un panel de candidatures quasi uniformes, toutes obédiences politiques confondues. Blabla et moraline à tous les étages, la tempérance est devenue le cheval de bataille pour la bien-pensance ; de Gauche comme de Droite, voire d’extrême droite. Le zest sociétal et communautariste n’a guerre enthousiasmé les foules. De toute façon, quoi qu’ils se disent, à gauche comme à droite, l’électeur se retrouve confronté à tout un panel d’interdictions/limitations/surveillance ; fumer, boire, éternuer, quartiers/centres-ville piétonniers, vidéosurveillance, consulter son toubib, acheter ses médicaments avec la plume du boutiquier sur l’ordonnance, se déplacer, se garer, choisir sa voiture. Plus le temps passe, plus ce panel coercitif se dilate en tous sens. Le citoyen est devenu un délinquant potentiel, un fraudeur en puissance ou un inadapté antisocial ; une vache à lait inépuisable. La puissance médiatique et publicitaire valide cette vision enthousiaste et délirante d’une foule théorique éblouie devant toutes ces absurdités, chaque acteur croit en son Graal factice, mais au jour du scrutin la réalité concrète reprend le dessus. Les électeurs n’applaudissent pas à tout rompre telles pitreries, ils les subissent. Et quand ils en ont marre et que la coupe est pleine, ils n’ont plus aucune raison (sociétale, écologique, genrée, féministe, animaliste, tout ce que vous voulez) d’aller voter pour ceux, quels qu’ils soient, qui passeront leur temps de mandature à bassiner et tourmenter leurs électeurs ; en bref à les emmerder ! D’autant que toutes ces extravagances ne sont pas d’un dépens négligeables. Elles coûtent bonbon ! Le Parti Communiste Français, englué bien souvent dans une pratique d’Union de la Gauche soporifique, doit bien reconnaître qu’il est mouillé jusqu’au cou dans ces dynamiques municipales gentrificatrices. Quoi que la boboïtude affirme, pistes cyclables, bassines de composte et plants de salade ne sont pas les mamelles de l’émancipation populaire, ni de l’affranchissement du prolétaire. Pour lutter contre l’abstentionnisme endémique, il est temps d’attraper le taureau par les cornes et de cesser de prendre les citoyens lambda pour des lapins de la semaine. Sined Reitnomud

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Denis Dumontier

page 22 ligne 16 - 21

Remplacer le paragraphe par : Il est temps de réactiver les orientations politiques du Parti Communiste de transformation de la société en profondeur. D’éradiquer la loi du libre marché concurrentiel au profit d’une démarche raisonnée de planification aussi bien économique qu’écologique. Il est temps de remiser aux oubliettes de l’histoire les compromissions sociales-démocrates qui font depuis beaucoup trop longtemps les heures noires des instances communistes et la désolation des milieux populaires. Il est temps que cesse la vente à la découpe des bijoux de famille du Parti Communiste ; les locaux, les maisons d’édition, les imprimeries, les titres de sa presse, les œuvres d’art, etc. Tout ce que les anciennes générations de communiste ont eu tellement de mal et de sacrifice pour en pérenniser l’existence. Il est temps de s’extraire de la logique de l’Union de la Gauche, de la Gauche plurielle et autres fariboles « socialistes ». Ces rassemblements sont de longue date de véritables pièges pour affaiblir et effacer le Parti Communiste. Ils ne doivent surtout plus être un but ultime, mais une stratégie ponctuelle et provisoire de victoire électorale de proximité avec des alliés de circonstance. Sined Reitnomud

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Denis Dumontier

Page 23 ligne 3 et à suivre

Rajouter les paragraphes : • L’expression « suppression du salariat et du patronat » de la Charte d’Amiens 1906 de la CGT sera actualisée avec énergie et volontarisme. Les expériences françaises diverses et variées, issues du Programme National de la Résistance, ont ouvert la voie vers une stratégie de Services publics, de Sociétés Nationales, de Régies, Française des, etc. Pérennes et avantageuse pour tous. Ces aventures économiques et sociales sont d’excellents exemples à mettre en avant et à développer. La désindustrialisation, les délocalisations des entreprises et usines installées sur le territoire national, le désengagement des tenants du Capital privé à développer leurs activités intra-muros offre à vrai dire une véritable opportunité économique et politique à qui saura s’en emparer : Partout où le désert économique s’est installé, où des filières industrielles ont disparu le Parti Communiste Français s’engage à dynamiser la mise en place de Sociétés Nationales… par exemple pour la fabrication de pneumatiques et dérivés, de matériels automobiles, ferroviaires, aéronautiques et spéciaux, de sidérurgie et métallurgie… enfin de tout ce qui faisait la grandeur de la République française et de ses travailleurs du siècle dernier. (jusqu’à la dentelle de Calais et les turbines Rateau, du Concorde et de l’Étoile filante Renault). Il est tout de même plus exaltant pour la jeunesse de vivre dans un monde à la pointe du progrès que dans un pays de cocagne rempli de chauffeurs livreurs, de domestiques et de menteurs-voleurs de la Pub et de la COM sans oublier les vigiles et les FDO. Sined Reitnomud