Chapitre 7

Poursuivre le redéploiement du PCF

Introduction

Relever les défis auxquels nous confronte un système capitaliste en pleine turbulences et porteur de lourdes menaces pour les peuples, mener la bataille d’idées à partir de notre projet communiste, travailler à l’essor d’un puissant mouvement populaire et œuvrer à l’émergence d’une alternative de transformation radicale de l’ordre existant implique de se doter d’une organisation politique efficace et démocratique.

Les femmes et les hommes ont besoin de s'organiser dans la durée pour mener ces combats.

Parce que les crises expriment, de façon pressante le besoin de transformations radicales, de luttes et de rassemblements, le besoin de conscience de classe, d’unité du monde du travail, d’une irruption populaire sur le terrain politique, il y a besoin comme jamais d’un parti comme le Parti communiste.

Nous voulons que nos actions pèsent dans la société, qu’elles soient utiles à celles et ceux avec lesquels nous nous battons au quotidien. C’est une force de construire des batailles communes sur tout le territoire.

Les adhérent·es constituent le cœur et la force de l’organisation communiste. Porteur·ses d’aspirations, de combats, d’engagements, elles et ils nourrissent le collectif qui met en débat l’ensemble de leurs propositions, et sont sa force de rayonnement, chacun·e ayant sa singularité.

Nous cherchons à mettre en mouvement chacun·e d’entre elles et eux dans des batailles concrètes, en offrant les structures les mieux adaptées aux luttes d’aujourd’hui.

Surtout, nous voulons être beaucoup plus nombreux·ses dans un mouvement de réappropriation populaire de la lutte politique.

Nous voulons nous adresser à des milliers de femmes et d’hommes pour constituer avec elles et eux un grand parti populaire et révolutionnaire pour des conquêtes nouvelles, pour ouvrir le chemin des « Jours heureux » du 21e siècle.

Nous entendons bâtir l’organisation qui permettra à des milliers d'hommes et de femmes de retrouver le chemin de la politique, en offrant un cadre fraternel et humain d'action, de réflexion et de formation, où chacun·e construit, grâce au collectif, le chemin de son émancipation.

Se nourrissant des apports du marxisme vivant, le PCF recherche ainsi les conditions de l’intervention individuelle et de la construction d’une volonté commune. Il organise le débat collectif et interroge en permanence son fonctionnement, pour construire l'efficacité et l'utilité de son action grâce à la mise en mouvement du plus grand nombre.

1. Engager la bataille décisive du renforcement

Animée nationalement et par les instances locales, la bataille du renforcement doit être l'affaire de toutes et tous. Chacun·e est appelé·e à convaincre. Nous nous donnons l'ambition que le Parti communiste réalise 10 000 nouvelles adhésions d'ici 3 ans, en nous adressant à toute la société, au salariat, aux catégories populaires, à la jeunesse, au monde de la culture et de la création artistique.

Un soin particulier sera apporté à leur accueil, dans un cadre convivial et fraternel, de manière individuelle ou collective. Un livret d'accueil leur sera remis. De manière générale, le lien avec chaque adhérent·e est primordial. Il est une des conditions de notre efficacité et doit faire l'objet d'une attention et d'un suivi particuliers.

2. S’organiser à l'entreprise et sur les lieux de travail

À l'entreprise et sur les lieux de travail se nouent l'exploitation et les dominations capitalistes. L’entreprise est un lieu de pouvoir du capital.

Le patronat et les directions y décident de la production, de l'allocation des richesses produites, de l'organisation du travail et de sa finalité, des services rendus à la population, des créations et destructions d'emplois... Ils diffusent activement les idées qui confortent leurs décisions et ils y font de la politique au quotidien.

L’entreprise est au cœur des luttes sociales, de la prise de conscience de classe, de la construction du rassemblement populaire.

C’est pourquoi le déploiement de l'activité des communistes sur les lieux de travail doit devenir un objectif prioritaire, partagé, une orientation portée par l'ensemble du parti. Cela doit trouver une traduction concrète dans notre organisation, en prenant appui sur ce qui a été expérimenté et construit depuis 4 ans, et en franchissant un nouveau cap.

Sections, cellules, réseaux, collectifs de bassin d'emploi, nous avons besoin de démultiplier les lieux de structuration et d'activité des communistes sur les lieux de travail. Cela appelle la définition, du local au national, d'objectifs et de priorités, ainsi qu'un travail national d'organisation nécessitant des moyens dédiés.

Une conférence nationale sera organisée pour définir une feuille de route.

Le journal « Agir » doit devenir l'espace d'élaboration et d'échanges des communistes à l'entreprise et autour d'elle. Il doit faire l'objet d'une diffusion régulière sur l'ensemble du territoire et bénéficier d'un tirage national.

3. Féminiser et faire vivre le féminisme

Le PCF n’est pas exempt d’une différenciation de genre dans la répartition des actes militants et des responsabilités. C'est un obstacle à l'intervention des femmes dans toutes les dimensions du combat communiste, et cela affaiblit celui-ci en retour.

Cette situation doit faire l'objet d’une réflexion et d'une action déterminée.

Si le parti ne peut à lui seul corriger les inégalités de genre qui entravent l’engagement politique des femmes et leur prise de responsabilités, il doit tout mettre en œuvre pour les renverser en son sein et faire de l’engagement politique un levier d’émancipation, à partir d’une compréhension fine des mécanismes à l’œuvre.

Cela doit se traduire en actes : dans notre conception de l’engagement politique, du débat, de construction collective, des formations, ainsi que de la politique de cadres et des trajectoires militantes jusqu’à la prise de responsabilité, notamment des femmes issues des classes populaires

La parité doit être généralisée et respectée : parité des temps de parole, des responsabilités collectives et individuelles, des élu·es, des participations aux formations, mais aussi de notre représentation dans les événements publics (tables-rondes, conférences…).

Nous décidons d'un travail d'organisation qui nous fasse sortir du discours pour donner une traduction concrète à ces ambitions. Si cet axe fort doit traverser l'ensemble des organisations du parti, il incombe au secteur « Vie du parti » de désigner une responsable chargée du suivi des actes posés par les fédérations, de leur mutualisation, et des évolutions constatées.

Aucune forme de violence sexuelle ou sexiste n’est tolérable au sein du Parti communiste, qui met à disposition de tous ses adhérent·es ses outils, le dispositif « Stop Violences » et le livret « Tolérance zéro » notamment. Notre parti entend créer les conditions d’un militantisme sain et sécurisé, au bénéfice de toutes et tous.

4. Étendre l’influence communiste dans la jeunesse

Le PCF, tout en ayant sa propre activité en direction des jeunes, a fait le choix d'avoir une organisation de jeunesse, en capacité de définir ses choix, ses orientations, ses modalités d’interventions, en lien avec sa génération. C'est l'indépendance d'organisation du Mouvement jeunes communistes de France et de sa branche étudiante, l’UEC.

Respecter cette indépendance ne signifie pas une étanchéité. Cela appelle au contraire à multiplier les liens, les échanges mutuellement enrichissants, afin de confronter nos analyses et expériences. Cela implique également d’apporter toute l’aide nécessaire, y compris financière, afin de permettre le développement de l’activité des jeunes et étudiant·es communistes sur l'ensemble du territoire national.

5. Reconquérir les milieux populaires

Alors que les services publics reculent, qu’un chômage de masse perdure, et que de nouvelles formes de travail isolent les travailleuses et travailleurs, la reconquête des milieux populaires nous confronte à un défi concernant aussi bien les quartiers populaires que les territoires péri-urbains ou ruraux.

Une réflexion doit être menée afin d'aider nos camarades à réimplanter le parti dans ces secteurs. Nous pouvons rassembler largement sur un discours de classe, de création d’emplois et de formations qualifiantes, de défense des service publics, de respect des modes de vie.

Les initiatives de solidarité concrète que les sections et fédérations mettent en place (ventes solidaires de fruits et légumes, journées à la mer, soutiens scolaires, collectes alimentaires et de fournitures...), au-delà de l'aide qu'elles apportent ponctuellement, expriment en actes la fraternité, la solidarité de classe. Elles doivent également constituer des actes politiques en cohérence avec l'ensemble de notre projet et des revendications que nous portons. Ces initiatives sont des occasions de coopération avec d'autres organisations locales partageant nos valeurs.

La direction nationale s'attachera à mettre à disposition les ressources nécessaires à leur réussite, en travaillant à des mutualisations et à des contenus politiques adaptés.

6. Franchir un nouveau cap pour la formation

Chaque adhérent·e doit pouvoir disposer de tous les outils pour être pleinement acteur·trice du PCF et participer au combat communiste dans la société. Cela implique une mise en partage des élaborations théoriques et des pratiques militantes, des conceptions de la société et du projet communiste. La formation politique et théorique est un outil décisif de construction du collectif agissant. Elle est un élément indispensable à la mise en mouvement des communistes et à la prise de responsabilité. Elle peut être animée par des communistes, des camarades de combat ou des organisations citoyennes, pour ne négliger aucun apport.

Chacune et chacun doit pouvoir accéder à une formation adaptée. Dans cet objectif, les directions organisent des temps de formation, faisant vivre les apports marxistes, notamment en lien avec nos revues.

Lors des dernières années, un effort important a été réalisé par le secteur formation national : refonte des formations avec les stages de base et les stages cadres, création des stages régionaux, recensement et réunion des référent·es fédéraux·ales à la formation.

Cependant, notamment parce le PCF doit nourrir de grandes ambitions en matière de renforcement militant et parce qu'il est confronté à un rapide renouvellement de ses cadres, il nous faut amplifier ce mouvement à tous les échelons des organisations du PCF. Le congrès mandate en ce sens les directions pour que la formation, en lien avec une politique des cadres, soit considérée comme une priorité. Il propose qu'un conseil national soit consacré à la formation afin qu'un plan d'ensemble soit élaboré et mis en œuvre en ce sens.

7. Structurer plus efficacement l'activité des communistes

La structuration de notre activité doit viser la mise en mouvement de tous les communistes. En lien avec l’implantation réelle du parti, il nous faut réfléchir au fonctionnement de nos sections en les tournant vers le développement d’une activité impliquant chaque adhérent·e, travailler à la structuration la plus favorable à cela.

L'importance de la proximité : les cellules

La cellule de quartier ou de lieu de travail est l'échelle qui permet la vie politique et l'activité de terrain régulière en prise avec les aspirations, ainsi que la prise de responsabilité partagée.

Un effort important doit être fourni par les sections et les fédérations pour créer des cellules partout où c’est possible.

Régulièrement, le conseil national tiendra une session sur l’organisation et le fonctionnement du parti. Elle aura en particulier pour charge de dresser l’état des lieux des cellules, sections, réseaux et d’en tirer les objectifs politiques de développement.

L'intérêt des réseaux thématiques et de salarié·es, des commissions thématiques

Il nous faut multiplier les portes d'entrée en politique, les lieux de structuration, les outils pour mener nos batailles politiques. Les réseaux thématiques et les commissions peuvent répondre à ce besoin. Les réseaux de salarié·es permettent de faire tomber les barrières géographiques, de favoriser une intervention coordonnée sur un territoire ou au niveau national. Les commissions thématiques peuvent être ouvertes à des femmes et des hommes qui, sur une question, sont prêts à s'engager avec nous.

La direction nationale a pour mandat d’approfondir les efforts pour faire exister des espaces d’échanges transversaux entre réseaux et commissions thématiques, afin de pouvoir se nourrir de l’élaboration de tout le parti. Il lui revient d’organiser le dialogue avec les commissions et réseaux.

De façon générale, toutes les modalités de prises d'initiative et de rencontres entre militant·es peuvent être favorisées dès lors qu'elles contribuent au renforcement de notre organisation et au rayonnement de nos idées.

Le besoin de solidarité interne

À partir de nos zones de force, nous nous donnons l'ambition collective de nous redéployer sur l'ensemble du territoire national, notamment là où les fédérations et sections peuvent connaître des difficultés liées à l'absence de moyens ou de renouvellement suffisant. C'est une condition indispensable pour être une force politique en capacité de s'adresser à l'ensemble du pays.

Nous devons pour cela réfléchir à de nouveaux gestes permettant de faire vivre la solidarité à différentes échelles : aide du conseil national, coopérations avec d'autres départements ou sections, mutualisations,...

8. Faire mieux fonctionner les instances de direction

Les instances de direction ont en charge l’impulsion de l’activité du parti et le débat des communistes. Elles créent les conditions de leur prise d'initiative et de la mise en œuvre de leurs décisions, dans un aller-retour permanent avec eux. Elles garantissent l’accès à l’information, le lien entre toutes et tous, et la coordination des différentes organisations locales ou nationales.

Elles ont à cœur de mettre tou·tes les communistes en mouvement et veillent au cadre convivial et fraternel de la vie du parti et de l'activité politique.

L'existence de sensibilités diverses au sein de notre parti est une réalité qui doit nous enrichir mutuellement dans une recherche permanente d'unité et de dépassement des contradictions. C'est dans la diversité, dans les débats menés à leur terme que les communistes construisent leur unité d'action.

Désormais constituées dans la parité, les instances de direction doivent être représentatives de la diversité des adhérent·es, tant sociale que professionnelle, et rassembler des communistes aux expériences et cultures diverses. Une attention particulière doit être portée à la présence de militant·es issu·es des milieux populaires, comme au renouvellement régulier des instances.

Quant au conseil national, il doit gagner en efficacité et en capacité d’action. Il importe de créer toutes les conditions pour que les membres du conseil national soient pleinement en capacité d’assumer leur responsabilité de dirigeant·es nationaux·ales, avec les tâches qui en découlent. Lieu de débat argumenté, il lui faut travailler à la mise en œuvre des décisions de congrès, en relation avec les évolutions de la vie politique et de la société. Il doit traduire la volonté collective des communistes.

9. Faire vivre le réseau des élu·es du PCF

Le PCF a vocation à avoir des élu·es à tous les échelons de pouvoir, pour mener les batailles politiques jusque dans les institutions, y construire des actions au service des populations, engager des résistances et des transformations plus profondes, appuyer le mouvement social.

Ces élu·es sont en effet l’une des grandes richesses de notre parti, relayant ses batailles d’idées et ses initiatives, contribuant ce faisant à son rayonnement.

Les élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes, organisé·es au sein de la Coopérative des élu·es CRC (qui vient de se constituer à la suite du Congrès de l'Anecr), mènent des batailles politiques essentielles pour répondre aux besoins des populations en construisant des politiques publiques innovantes au service du plus grand nombre. Ils et elles travaillent en permanence à associer le plus grand nombre de citoyen·nes aux décisions qui les concernent. Les élu·es communistes et républicain·es travaillent, dans la diversité de leurs territoires et champs de compétences, à l'expérimentation de politiques concrètes pour une égalité réelle, plus de justice sociale et une écologie populaire, en dépit des contraintes budgétaires et des politiques d'austérité. Leur apport singulier dans les majorités ou dans l'opposition à des majorités de droite et d'extrême droite est un point d'appui pour les populations, tout autant que pour les communistes.

Il est nécessaire, en un moment marqué par une très grave crise démocratique, de veiller à la désignation de salarié·es et de personnes issues des couches populaires, comme candidat·es et élu·es. Ces élu·es, désigné·es par les adhérentes et adhérents, entretiennent un lien permanent avec le parti. Ils et elles travaillent en relation avec les commissions à la cohérence entre le projet communiste et sa traduction en propositions. C'est grâce à une action coordonnée, où les élu·es prennent appui sur l'activité politique des communistes et l'alimentent en retour, que des avancées concrètes peuvent être obtenues.

Gagner de nombreux·ses élu·es participe de la construction des rapports de force, de la connaissance des institutions, de la formation, et des parcours militants. C'est une dimension du combat communiste, qui peut parfois générer des contradictions qui sont à lever grâce au dialogue régulier avec les adhérent·es.

10. Renforcer nos revues

Cause commune, Économie et politique, Progressistes, Carnets rouges sont des outils de production théorique et d’ouverture vers le monde de la recherche scientifique, le monde syndical, les intellectuel·les. Ces revues constituent des outils de réflexion, de travail et de formation autour des orientations du Parti communiste dans un dialogue avec la société.

Les structures locales du parti doivent travailler à leur appropriation par les adhérent·es et à leur diffusion.

11. Développer nos médias départementaux et régionaux

Les très nombreux titres départementaux et régionaux fondés par les communistes : les mensuels, les hebdomadaires et le quotidien La Marseillaise sont des précieux points d'appui pour faire rayonner nos idées dans la proximité alors que le paysage médiatique est toujours plus marqué par la concentration. Les développer en papier comme en numérique est un objectif prioritaire. Pour cela, nous engageons la bataille de la lecture, de la diffusion et de l'abonnement.

12. Faire lire L'Humanité, bien commun des communistes et de leurs ami·es

Journal communiste, journal d'information indépendant, il est ancré dans les luttes sociales et écologiques, comme dans le monde de la culture et de la création. Journal d’analyse, d’enquête et de débat, il est le lieu d’un dialogue avec les forces syndicales, associatives, du mouvement social. L’Huma est un outil décisif des batailles sociales et politiques nationales. Son développement est un objectif politique prioritaire.

Nous avons l’ambition que chaque militant·e devienne lecteur, lectrice et promeuve le journal, que les communistes puissent se nourrir du journal afin de les aider dans leurs combats et leurs analyses. La bataille de l’abonnement est primordiale pour atteindre cet objectif.

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Les propositions

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Lazare Frédéric Chanaleilles

Citoyenneté

après "...ils y font de la politique au quotidien", ajouter "alors que les salariés (es) n'y sont pas des citoyens (ennes) à part entière"

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L'Humanité

Ajouter page 38, après ligne 53 Dans chaque Fédération et section, un responsable à la diffusion de l'Humanité et de l'Humanité Magazine est désigné. Il travaillera en lien avec l'Association des Amis de l'Humanité et la Société des Lecteurs dans les territoires où il en existe.

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Travail en entreprises

Ajouter page 35, après ligne 38: Dans chaque Fédération et section, un responsable au suivi de l'activité des communistes dans les entreprises est désigné.

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Thomas Gerard

Amendement chapitre 7, article 5 ligne 27

Rajouter territoire et/ou patrimoine. Les citoyens vivent dans un lieux chargés d'histoire que le capitalisme tend à effacer, les arrachant à un environnement familier. Où que ce soit (banlieue, cité, ville, village hameau, quartier...).

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Thomas Turner

Déclaration finale de la 22ᵉ réunion internationale des partis communistes et ouvriers

Intégrer l'ensemble de la Déclaration finale de la 22ᵉ réunion internationale des partis communistes et ouvriers, dont le Parti Communiste Français est signataire. http://www.solidnet.org/article/22nd-IMCWP-Final-Declaration-of-the-22nd-International-Meeting-of-Communist-and-Workers-Parties/ « Solidarité avec Cuba et avec tous les peuples en lutte. Unis, et aux côtés des mouvements sociaux et populaires, nous sommes plus forts dans la lutte anti-impérialiste, et face au capitalisme et à ses politiques, face à la menace du fascisme et de la guerre, et pour défendre la paix, l’environnement, les droits des travailleurs, la solidarité et le socialisme. » Nous, les 145 représentants de 78 partis communistes et ouvriers de 60 pays qui participons aux Vingt-Deuxième Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers (RIPCO) qui s’est déroulée du 27 au 29 octobre 2022 à La Havane (Cuba), mettons en garde au sujet de la situation dangereuse que traverse l’humanité. La domination actuelle de l’impérialisme impose un ordre international injuste et insoutenable, intensifie l’exploitation et empire les conditions de la classe ouvrière et des peuples, génère toujours plus de conflits, d’antagonismes et de guerres; elle entrave la solution de problèmes mondiaux tels que la pandémie de Covid-19 que les pays socialistes, historiquement, et, aujourd’hui, Cuba en particulier, grâce à leur système de santé publique et à leur développement scientifique, ont combattue efficacement, prouvant ainsi la supériorité du socialisme. Nous, les communistes, nous défendons un nouvel ordre mondial, fondé sur l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme, sur des relations mutuellement avantageuses entre les États et les peuples, sur la paix, sur un développement durable pour la satisfaction des besoins sociaux, sur la justice sociale et sur la solidarité. Par suite de l’agressivité croissante de l’impérialisme et de la recomposition géopolitique en cours sur la planète, nous sommes confrontés à une nouvelle escalade de la course aux armements, au renforcement et à l’expansion de l’OTAN, à l’apparition de nouvelles alliances militaires, à l’aiguisage des tensions et des conflits militaires, comme celui de l’ Ukraine, à la résurgence du fascisme dans différentes parties du monde, ainsi qu’à la « guerre froide » et à la menace d’une conflagration nucléaire, ce que nous devons rejeter. Nous dénonçons le fait que, de par sa nature prédatrice, le capitalisme conduit à l’aggravation des inégalités, à la polarisation de la richesse, à l’exclusion et aux flux migratoires, à l’exacerbation de la crise alimentaire et à la recrudescence de la crise écologique, au point que nous approchons à tout allure d’un « point de non-retour ». Le système politique bourgeois, qui défend les intérêts des monopoles et des entreprises, gère la crise systémique du capitalisme à son profit, tente de contrôler le mécontentement social croissant des travailleurs et des peuples par la pression et la violence. Le déclin graduel du pouvoir des États-Unis d’Amérique et de leurs alliés, fruit de leurs crises internes et face à ses concurrents, les pousse à recourir sans mesure à des politiques de blocus et à des mesures coercitives illégales, de « deux-poids-deux-mesures », à des menaces et à des interventions militaires, et à l’ingérence dans les affaires intérieures des États. L’impérialisme déploie son vaste arsenal d’actions subversives dans le cadre de la guerre non conventionnelle, parmi lesquelles se distinguent celles de nature médiatique, comme outils de déstabilisation et de changement des gouvernements qui ne se plient pas à ses intérêts. La bataille de la classe ouvrière mondiale contre le système capitaliste d’exploitation exige en premier lieu l’unité du Mouvement Communiste et Ouvrier, aux côtés des mouvements sociaux et populaires, des paysans et des indigènes, pour intensifier la lutte de classe contre les plans de la bourgeoisie et de l’impérialisme et construire un monde de paix, de justice et d’équité sociale. Face aux tentatives de l’impérialisme pour freiner la lutte des travailleurs et des peuples et pour saper l’unité et la solidarité des forces anti-impérialistes et révolutionnaires, nous, les partis communistes et ouvriers qui participons à la Vingt-Deuxième Rencontre internationale à La Havane, décidons ce qui suit : Conjuguer nos efforts pour renforcer la lutte contre l’impérialisme, contribuer à la transformation de l’ordre international actuel injuste et antidémocratique dans lequel prévalent les intérêts capitalistes, pour instaurer un ordre international fondé sur la paix, le développement durable, la justice sociale et la solidarité, afin d'ouvrir la voie à la construction d'une société socialiste. Demander le respect des principes suivants : d’autodétermination des peuples, d’indépendance, d’égalité souveraine et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, ainsi que du droit légitime des peuples à la paix et à choisir leur propre voie de développement. Rejeter catégoriquement les guerres impérialistes, la menace de recours à la force dans les relations internationales et promouvoir la lutte pour la paix. Intensifier l’action et la solidarité internationaliste, défendre les intérêts communs des peuples contre les classes bourgeoises. Mobiliser les masses pour dénoncer et rejeter la course aux armements et les énormes réductions des dépenses sociales qu’elle entraîne, l’existence et la modernisation des armes nucléaires, les bases militaires étrangères, l’OTAN et son projet de s’élargir et de se convertir en une organisation militaire mondiale. Lutter contre la résurgence des forces anticommunistes, réactionnaires, ultranationalistes et fascistes dans différentes parties du monde, qui aggravent la violence, la xénophobie, le racisme et l’intolérance politique, idéologique, sociale, ethnique, religieuse et des genres, et fomentent les conflits ethno-nationaux. Renforcer la solidarité avec les peuples qui résistent aux ingérences et aux agressions de l’impérialisme, et rejeter les politiques de blocus, de sanctions, de mesures coercitives unilatérales de « deux-poids-deux-mesures », comme instruments de pression et de chantage contre des gouvernements et des peuples. Défendre et diffuser le marxisme et le léninisme, combattre l’offensive idéologique, culturelle et symbolique que mène l’impérialisme pour légitimer les injustices du système capitaliste, disqualifier le socialisme et le communisme et saper ou détruire l’identité culturelle de nos nations. Renforcer la lutte en faveur de toutes les causes justes et émancipatrices des peuples, et accroître la solidarité avec les travailleurs, les paysans, les indigènes, les organisations de jeunes et de femmes, pour la défense de leurs droits et contre le capitalisme. Être aux côtés des réfugiés et des victimes des guerres. Élever la dénonciation et la lutte contre le modèle de développement qui, fondé sur le profit capitaliste, détruit l’environnement et met en péril la survie des écosystèmes et de l’espèce humaine. Mettre en pratique le Plan d’action adopté par la Vingt-Deuxième Rencontre pour renforcer l’unité du Mouvement Communiste et Ouvrier international, aux côtés des mouvements sociaux et populaires, contre la domination impérialiste, en vue d’intensifier la lutte en faveur des intérêts des travailleurs et des peuples, pour transformations révolutionnaires pour le renversement du capitalisme et pour la construction du Socialisme. Grâce aux efforts articulés de l’avant-garde de la classe ouvrière, aux côtés des organisations, des forces et des mouvements sociaux et populaires, démocratiques et pour les droits des femmes, nous serons capables de vaincre le capitalisme comme système mondial dominant, destructeur et sans avenir, et d’atteindre une véritable transformation révolutionnaire. Nous remercions le Parti Communiste de Cuba, le Gouvernement révolutionnaire et le peuple cubain pour leur contribution à l’organisation de la Vingt-Deuxième RIPCO, et pour l'accueil chaleureux réservé à ses participants. Nous réaffirmons notre solidarité et notre appui à la juste cause du peuple cubain et à sa lutte pour la levée immédiate et inconditionnelle du blocus économique, commercial et financier injuste et criminel auquel Cuba est soumise depuis plus de soixante ans par le gouvernement des États-Unis, qui l’a durci récemment, et nous exigeons que le gouvernement des États-Unis raye Cuba de la liste fallacieuse des États censément parrainant le terrorisme. Nous rendons hommage au leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, dont l’héritage, de pair avec les enseignements du Général de l'armée Raúl Castro Ruz et ceux de la génération qui les continue, sous la conduite de Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, constitue une inspiration permanente pour les peuples qui luttent pour leur libération véritable et définitive, sur la voie de la construction d’une société socialiste, indépendante et solidaire. Unissons-nous pour lutter contre l’impérialisme et le capitalisme ! Vive le socialisme ! La Havane, le 29 octobre 2022